Victor Segalen, Stèles.
Stèles
du Milieu

Libération

On souffre, on s'agite, on se plaint dans mon Empire. Des rumeurs montent à la tête. Le sang, comme un peuple irrité, bat le palais de mes enchantements.

La famine est dans mon cœur. La famine dévore mon cœur : des êtres naissent à demi, sans âmes, sans forces, issus d'un trouble sans nom.

Puis on se tait. On attend. Que par un bon vouloir s'abreuvent de nouveau vie et plénitude.

o

Comme le Fils du Ciel visitant ses domaines, et jusqu'au fond des prisons de sécheresse portant lumière et liberté,

Libère en moi-même, ô Prince qui es moi, tous les beaux prisonniers -- désirs aux geôles arbitraires, et qu'en grâce et retour,

Tombent sur mon Empire les gouttes larges de la satisfaction.


 
 
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Avril 2001.


  

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