Victor Segalen, Stèles.
Stèles
face au Midi

Les trois hymnes primitifs

Les trois hymnes primitifs que les trois Régents avaient nommés : Les Lacs, l’Abîme, Nuées, sont effacés de toutes les mémoires. Qu'ils soient ainsi recomposés :

Les lacs

Les lacs, dans leurs paumes rondes noient le visage du Ciel :

J'ai tourné la sphère pour observer le Ciel.

Les lacs, frappés d'échos fraternels en nombre douze  :

J'ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux.

o

Lac mouvant, firmament liquide à l'envers, cloche musicale,

Que l’homme recevant mes mesures retentisse à son tour sous le puissant Souverain-Ciel.

Pour cela j'ai nommé l'hymne de mon règne : les Lacs.

L'abîme

Face à face avec la profondeur, l'homme, front penché, se recueille.

Que voit-il au fond du trou caverneux ? La nuit sous la terre, l'Empire d'ombre.

o

Moi, courbé sur moi-même et dévisageant mon abîme, -- ô moi ! -- je frissonne,

Je me sens tomber, je m'éveille et ne veux plus voir que la nuit.

Les nuées

Ce sont les pensées visibles du haut et pur Seigneur-Ciel.

Les unes compatissantes, pleines de pluie. Les autres roulant leurs soucis, leurs justices et leurs courroux sombres.

o

Que l'homme recevant mes largesses ou courbé sous mes coups connaisse à travers moi le Fils les desseins du Ciel ancestral.

Pour cela j'ai nommé l'hymne de mon règne : Nuées.


 
 
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Avril 2001.


  

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